Par Joel Hilliker
De l’édition de Septembre 2009
Un ennemi futé de l’Iran pourrait regarder les récentes agitations politiques de ce pays comme une opportunité. Le régime fait face à de l’opposition. Il y a des murmures dans les camps. Dans les rues, certains, peut-être beaucoup, recherchent une véritable libéralisation et ils sont prêts à se battre pour elle. Peut-être que ces troubles peuvent être exploités, amplifiés, en vue de secouer l’establishment, et peut-être même renverser le régime, alors au moins retarder et peut-être même arrêter l’inlassable chemin de l’Iran pour atteindre ses objectifs néfastes.
Que les États-Unis ne sont pas cet ennemi futé est devenu évident. L’administration Obama n’a aucunement l’intention de bousculer l’establishment de l’Iran. Le Président Obama veut travailler avec Khamenei et Ahmadinejad. La reconnaissance formelle de la théocratie de l’Iran est la pierre angulaire de sa politique étrangère. Ainsi, le président américain explique que d’empêcher l’Iran de poursuivre son programme nucléaire est « devenu plus difficile » en raison de la contestation populaire du régime.
Le fait que l’Amérique n’est pas dans le décor place d’autres nations dans une étonnante position. En dehors d’Israël, qui doit désormais inévitablement faire face à la menace iranienne sans son meilleur allié, la plus cruciale de ces nations à surveiller est l’Allemagne.
Avec la paralysie de l’Amérique, l’Allemagne est en train de réaliser que, si quelque chose doit être fait contre l’Iran, elle devra le faire elle-même.
La Chancelière Angela Merkel a condamné sévèrement les dirigeants iraniens pour leur campagne de répression contre les protestations électorales. Elle a ouvertement exigé un recomptage des votes et a prévenu que l’Allemagne « n’oublierait pas » la brutalité des mollahs contre leurs propres citoyens. Le commissaire des droits de l’homme de l’Allemagne a publié un article ouvert disant que l’Allemagne doit « encourager ouvertement ceux qui exigent la fin de la République Islamique. » Le parlement de l’Allemagne est plein d’appels à plus de confrontations avec l’Iran. Le membre du Bundestag, Philippe Mißfelder, a proposé la réduction des liens économiques de l’Allemagne avec l’Iran afin de « faire notre propre contribution à la déstabilisation du régime d’Ahmadinejad. »
Des centaines d’entreprises allemandes en Iran gèlent leurs opérations ou se sont retirées totalement. Certains vont même beaucoup plus loin : travailler de manière proactive pour fomenter les tensions politiques. « Les organisations allemandes tentent d’augmenter la puissance des luttes internes en Iran », a rapporté German-Foreign-Policy.com (juin 22). Deutsche Welle a diffusé, en langue Farsi, des encouragements pour les manifestants. Des fondations affiliées politiquement ont offert leur collaboration à ceux qui défient le régime. Apparemment, ces activités séditieuses se poursuivent depuis des mois, même avant les élections.
L’ayatollah et ses agents sont outrés. « Les Iraniens rejettent ce genre d’ingérence et menacent de rompre leurs relations diplomatiques avec Berlin. Néanmoins, les organisations allemandes proches du gouvernement poursuivent sans relâche leurs activités, attisant les protestations nationales en Iran ».
Avec ces mesures audacieuses, l’Allemagne prend clairement la tête de la réponse de l’Union Européenne contre l’Iran. « Les Ministres de l’Union Européenne sont peut-être prêts à faire pression pour des sanctions plus sévères contre l’Iran après que l’Allemagne se soit montrée de plus en plus disposée à prendre une ligne plus dure », a écrit le London Times (Juin 26).
Oui, de tous les pays prêts à miner le régime iranien, c’est l’Allemagne qui prend la tête. Beaucoup de gens disent que ces ingérences sournoises dans la politique iranienne vont se retourner contre les dissidents iraniens, pour qui toute association avec l’Occident signifie essentiellement la peine de mort. « Toute ingérence de l’Occident pourrait être extrêmement dommageable pour le mouvement », a déclaré l’expert de l’Iran, Bahman Nirumand. Le mouvement « serait immédiatement accusé d’être dirigé par l’Occident et ses dirigeants classés en tant que collaborateurs. » Berlin ne semble pas s’en soucier.
Après des années de provocations de l’Iran, l’Allemagne commence à riposter. La disparition de l’Amérique dans le dossier sur l’Iran est en train d’accélérer cette tendance.
L’Allemagne est vivement intéressée à étendre son influence au Moyen-Orient. Le fait que l’Iran, la puissance la plus dominante et provocatrice de la région, est son plus grand obstacle est parfaitement clair. L’appétit de l’Allemagne pour une confrontation semble augmenter.
Surveillez de près l’Iran et l’Allemagne. La tension est clairement en augmentation et elle pourrait atteindre un point culminant explosif.
http://www.thetrumpet.com/index.php?q=6369.0.117.0
Traduit par Oscar Blais





