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	<title>Pleins Feux Sur l&#039;Heure Juste &#187; Église catholique</title>
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		<title>Jean-Paul II : Bienheureux aux yeux de Dieu?</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Apr 2011 19:41:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>Par Richard Bennett
Jean-Paul II doit être béatifié par Benoît XVI le 1 mai 2011. Ce sera &#171;&#160;un événement historique qui n&#8217;a aucun précédent », a déclaré le directeur du journal du Vatican, L&#8217;Osservatore Romano. Le « décret pour la béatification de Jean-Paul II », déclare que, « La proclamation d&#8217;un Saint ou d&#8217;un Bienheureux par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par Richard Bennett<br />
Jean-Paul II doit être béatifié par Benoît XVI le 1 mai 2011. Ce sera &laquo;&nbsp;un événement historique qui n&#8217;a aucun précédent », a déclaré le directeur du journal du Vatican, L&#8217;Osservatore Romano. Le « décret pour la béatification de Jean-Paul II », déclare que, « La proclamation d&#8217;un Saint ou d&#8217;un Bienheureux par l’Eglise est le fruit du rassemblement de différents aspects concernant une personne spécifique &#8230;. La condition sine qua non est la sainteté de la vie de la personne, vérifiée lors de procédures canoniques précises et formelles. »  Le communiqué annonçant la béatification faisait référence à &laquo;&nbsp;la grande renommée de sainteté dont jouissait le Pape Jean-Paul II pendant sa vie, sa mort et après sa mort.&nbsp;&raquo;</p>
<p><span id="more-857"></span><br />
En effet, il y a une grande admiration générale pour la vie et les réalisations de Jean-Paul II. En termes de renommée mondaine, il est difficile de trouver une autre personne égale à lui dans l&#8217;histoire récente. Le monde catholique va bientôt le proclamer officiellement bienheureux et beaucoup d&#8217;autres seront d&#8217;accord. Mais, ont-ils raison? Jean-Paul II est-il bienheureux aux yeux de Dieu? La présumée sainteté qui est revendiquée pour Jean-Paul II est-elle en ligne avec ce qu’enseignent les Ecritures?<br />
<span style="text-decoration: underline;">Mesures objectives de la sainteté de Jean Paul II</span><br />
Le Seigneur a souligné la vérité scripturaire comme le fondement de la sainteté. Il a déclaré dans Jean 14:23, &laquo;&nbsp;<em>Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole</em>.&nbsp;&raquo;  Par conséquent, c’est de la responsabilité de celui qui prétend être le disciple du Christ de garder sa parole. En fait, la marque authentique de la sainteté est l&#8217;estime totale de Sa Parole. Comme le Seigneur l&#8217;a décrit dans Ésaïe 66:2,</p>
<p>« <em>Voici sur qui je porterai mes regards : Sur celui qui souffre et qui a l’esprit abattu, sur celui qui craint ma parole.</em> »<br />
Jean-Paul II avait-il un respect absolu envers les Écritures? Non, et c&#8217;était tout à fait le contraire. Dans son rôle en tant que pape, il publia le Catéchisme de l&#8217;Église Catholique, le premier catéchisme universel de l&#8217;Église Catholique depuis plusieurs siècles. Il y a décrété ce qui suit ;<br />
« <em>En conséquence, l’Eglise Catholique, à qui la transmission et l&#8217;interprétation des Apocalypse a été confiée, ne tire pas sa certitude sur toutes les vérités révélées des Écritures Saintes uniquement. Les Écritures et la Tradition doivent être reçues et vénérées avec le même sentiment de dévotion et de respect</em> ».<br />
Cet enseignement de Jean-Paul II assimile les Ecritures avec la tradition. Jésus-Christ a sans cesse réprimandé les Pharisiens, parce qu&#8217;ils plaçaient leurs traditions sur un pied d&#8217;égalité avec les Ecritures. Le Christ les a condamnés parce qu&#8217;ils avaient tenté de corrompre la base même de la vérité en plaçant leurs traditions sur un pied d’égalité avec les Écritures. Marc 7:13 déclare : « <em>…annulant ainsi la parole de Dieu par votre tradition, que vous avez établie. » </em>Jean-Paul II a commis la même erreur ; Donc il tombe sous la même condamnation. Le Seigneur Jésus-Christ a clairement déclaré qu’uniquement la parole écrite de Dieu est le seul fondement de la vérité. Il a proclamé dans Jean 17:17, « <em>Sanctifie-les par ta vérité : Ta parole est la vérité</em>. »  C&#8217;est la raison pour laquelle il ordonne que rien ne soit ajouté où soustrait des Écritures. En conséquence, les Saintes Ecritures sont les seules normes du croyant pour la vérité. Jean-Paul II a tenté de corrompre cette base absolue de la vérité fixée par Dieu seul ; Par conséquent, il doit être considéré comme un faux enseignant.<br />
<span style="text-decoration: underline;">Profiter de sa Fondation Endommagée</span><br />
À partir de la base corrompue de Jean-Paul II, il était désormais possible que le pape lui-même s&#8217;estime doué de l&#8217;attribut divin de l&#8217;infaillibilité. Ainsi, il a déclaré publiquement ;<br />
« Le Souverain Pontife, en vertu de sa charge, jouit de l&#8217;infaillibilité quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles &#8230; il proclame par un acte décisif que la doctrine de la foi ou de la morale doit se tenir en tant que telle ».<br />
Sa proclamation « d’infaillibilité », un attribut divin, prouve absolument qu&#8217;il entre dans la catégorie des faux enseignants. Cela implique également qu&#8217;il se considérait comme divinement inspiré. II Thessaloniciens 2:4 déclare : « <em>…qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore…</em> »  En plus de cette terrible arrogance, il a également déclaré dans son Catéchisme, « Le Pape jouit, par institution divine, le pouvoir suprême, plénier, immédiat et universel pour le soin des âmes. »  Dans cette affirmation, il s&#8217;est arrogé lui-même des pouvoirs donnés uniquement au Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, il a démontré activement qu’à partir de sa base corrompue, il na pas été seulement désespérément trompé mais il a également propagé ces mensonges dans le monde entier. Par conséquent, ses propres revendications montrent qu&#8217;il ne possédait aucun caractère sacré devant le Dieu Très Saint, mais son Catéchisme démontre qu&#8217;il possédait un orgueil terrible.<br />
Néanmoins, le monde catholique désire lui démontrer une vénération religieuse, ou un culte. « Lorsqu’il sera béatifié, Jean-Paul recevra le titre de</p>
<p>« bienheureux » et pourra être publiquement vénéré. Beaucoup de personnes, en particulier en Pologne, le vénèrent déjà en privé, mais la cérémonie rendra le tout officiel. »  Oui, beaucoup de gens « vénéreront » volontairement ou adoreront Jean-Paul II, puisqu’on leur a enseigné que c’était moralement juste de le faire lorsque la papauté a officialisé le tout.<br />
<span style="text-decoration: underline;">Ancien péché encouragé</span><br />
Ce dernier point de l&#8217;entrée dans la nécromancie garantit simplement que les mensonges enseignés par Jean-Paul II continueront à porter beaucoup de fruits diaboliques. En fait, officiellement, dans son Catéchisme, il a encouragé les humains à communiquer avec les morts. Il a publiquement enseigné : « La communion avec les morts &#8230; Notre prière pour les morts est capable de non seulement les aider, mais elle peut également rendre plus efficace leur intercession en notre faveur. »  « Nous pouvons et devrions les prier d&#8217;intercéder pour nous et pour le monde entier ».<br />
La supposée communion avec les morts et la déification des morts a tenu une place très importante dans presque tous les systèmes du paganisme. Les morts sont consultés pour obtenir de l&#8217;aide pour les vivants, ce qui rend séduisant le charme de l&#8217;occulte. La pratique de la communication avec les esprits des défunts est un péché, puisque la Parole du Seigneur l’interdit dans Deutéronome 18:10-11 : <em>« Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui exerce le métier de devin, d’augure, d’astrologue, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. »</em> Les enseignements de Jean-Paul II sur la communion avec les morts est assez semblable à ce que l&#8217;on trouve dans les pages de l&#8217;occulte. Le Seigneur Jésus-Christ ordonnait le culte dans la prière envers Dieu seulement dans Mathieu 4:10 ; <em>« Retire-toi, Satan! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. » </em> Il donna ce commandement indispensable que les communications dans les adorations doivent être destinées<br />
à Dieu seulement et ne doivent pas être destinées à toutes autres créatures. Il est déclaré dans Exode 20:2-3 ; <em>« Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. » </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em> </em>Ce n&#8217;était pas simplement que Jean-Paul II reconnaissait et approuvait les</p>
<p>« communions avec les morts. »  Il a créé de plus en plus de personnages devant être contactés, et il l’a fait avec une grande vitesse. Un service de nouvelles l’a exprimé dans les mots suivants, « Jean-Paul II a créé plus de saints et a béatifié plus de personnages que tous les papes précédents réunis. Jusqu&#8217;à présent, il a nommé 477 hommes et femmes comme des saints, et en a béatifié 1,318 autres, pour ainsi dire, pour les mettre en orbite pour l&#8217;élévation finale au panthéon céleste des saints chrétiens. »<br />
<span style="text-decoration: underline;">Échange de mérites entre les croyants et les &laquo;&nbsp;saints&nbsp;&raquo; morts.</span><br />
Au cours de sa vie, Jean-Paul II a poursuivi son enseignement concernant les morts en déclarant qu&#8217;il y avait un échange de sainteté en expiation du péché, partagé même avec les morts du purgatoire. Dans son Catéchisme, il a officiellement déclaré ;<br />
« Dans la communion des saints, un lien pérenne de la charité entre les fidèles qui ont déjà atteint la patrie céleste, ceux qui expient leurs péchés dans le purgatoire et ceux qui sont encore en pèlerinage sur la terre. Entre eux, il y a également un échange abondant de toutes les bonnes choses. Dans cet échange admirable, la sainteté profite à tous les autres, bien au-delà du préjudice que le péché d&#8217;un seul peut causer aux autres ».<br />
Encore une fois, Jean-Paul II a révélé qu&#8217;il n&#8217;était pas bienheureux ; Mais plutôt, il a officiellement enseigné une hérésie condamnable. Dans les faits, l’échange abondant de toutes les bonnes choses dans les Ecritures provient du Christ seulement, dans Éphésiens 1:7 ; <em>« En lui nous avons la rédemption par son sang, la rémission des péchés, selon la richesse de sa grâce. » </em> Assigner le rôle du Christ aux humains, y compris ceux qui sont morts, est une grave contradiction de la vérité de Dieu. La justice de Dieu, qui est crédité pour le croyant à la charge du Christ, remplit le croyant encore et encore avec de l’admiration, des adorations et des louanges au Dieu Saint, qui a lui-même fourni le travail permanent terminé de la justification pour le péché. Prétendre une imputation de cette justice en dehors de Lui est ridicule en face des vérités bibliques. Jésus a dit dans Jean 10:1 ; <em>« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. »</em><br />
L&#8217;affirmation d&#8217;un échange de mérites entre les croyants et les &laquo;&nbsp;saints&nbsp;&raquo; morts est effrontément irréligieuse par rapport à la vérité biblique que Dieu seulement peut justifier le pécheur. Jean-Paul II a simplement élargi considérablement la liste des idoles catholiques officiellement acceptables. En donnant la gloire, les honneurs et la communion dans la prière, qui doivent être présentés à Dieu seul, aux esprits des êtres humains morts, le Pape a grandement péché contre le Seigneur Dieu et Son tout premier commandement. Cette interdiction inclut une reconnaissance du fait que Lui seul est Dieu, et ainsi, toutes les prières doivent être adressées à Lui uniquement.</p>
<p>Jean-Paul II, qui pratiquait et encourageait chaleureusement l&#8217;idolâtrie, aura bientôt sa place officielle parmi les idoles catholiques. La papauté regarde d’un œil aveugle le fait qu’un terrible jugement immuable attend chaque personne qui meurt en ayant embrassé de telles pratiques interdites. Pour les croyants dans la Bible, cette considération doit renverser cette déclaration officielle qui se tiendra le premier mai en un jour de deuil. Uniquement nos prières adressées à Dieu seulement pour ceux qui sont encore pris au piège ou qui sont impliquées dans ces pratiques païennes destructives peuvent parvenir au Christ Jésus par la proclamation de l&#8217;Evangile authentique.<br />
<span style="text-decoration: underline;">La foi et la pratique de Jean-Paul II</span><br />
Comme Pape, Jean-Paul II croyait qu&#8217;il avait les sacrements qui étaient capables de sanctifier les cœurs et les âmes des hommes et des femmes. Dans le Code du Droit Canonique, qu’il avait révisé et réédité, il enseigne qu&#8217;une personne renaît par le sacrement du baptême. Les mots suivants sont ses paroles :<br />
« Grâce au baptême, les hommes et les femmes sont libérés du péché, renaissent comme fils de Dieu, et, configurés au Christ par un caractère indélébile, ils sont incorporés dans l&#8217;Église Catholique. »<br />
Puis, par le sacrement physique de la Confirmation, il déclare une effusion spirituelle comme celle de la Pentecôte. Ses paroles sont les suivantes ;<br />
« L&#8217;effet de la Confirmation est une effusion spéciale de l&#8217;Esprit Saint comme celui de la Pentecôte. Cette effusion imprime dans l&#8217;âme un caractère indélébile et produit une croissance dans la grâce du baptême. »<br />
Puis, il a affirmé que les péchés des gens étaient pardonnés quand un prêtre catholique prononçait les mots suivants, &laquo;&nbsp;Je pardonne tous vos péchés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.&nbsp;&raquo;  Selon lui, ces mots étaient tellement importants qu&#8217;il insistait que pour obtenir la réconciliation avec Dieu, ils devaient avouer tous leurs péchés graves à un prêtre. L&#8217;affirmation exacte que le pape a autorisé est la suivante ;<br />
« Celui qui veut obtenir la réconciliation avec Dieu et avec l&#8217;Église, doit confesser au prêtre tous les péchés graves dont il se souvient après avoir examiné soigneusement sa conscience. »<br />
Le Pape Jean-Paul II croyait que par les paroles de consécration dans une messe catholique, le pain et le vin étaient littéralement changés dans le corps du Christ avec son âme et sa divinité. Son enseignement officiel se lit comme suit ;<br />
« Par la consécration, la transsubstantiation du pain et du vin en le Corps et le Sang du Christ se réalise. Sous les espèces consacrées du pain et du vin, le Christ lui-même, vivant et glorieux, est présent d’une manière vraie, réelle et substantielle: Son Corps et son Sang, avec son âme et sa divinité. »<br />
Cet enseignement officiel de Jean-Paul II a conduit le prêtre catholique John O&#8217;Brien à exprimer sa pensée sur la façon dont la consécration du pain et du vin par le prêtre pendant la messe fonctionne. O&#8217;Brien a écrit ;<br />
« Pendant que la Sainte Vierge ait été l&#8217;agente humaine par lequel le Christ s&#8217;est incarné une seule fois, le prêtre fait descendre le Christ du ciel et Le rend présent sur nos autels comme l&#8217;éternelle victime pour les péchés des hommes ; Pas une fois, mais mille fois! Le prêtre parle et voilà! Le Christ, le Dieu éternel et Tout-Puissant, incline la tête dans une humble obéissance au commandement du prêtre. »<br />
Ces enseignements hérétiques renient la nature même de l&#8217;Incarnation. Jésus-Christ s&#8217;est incarné une seule fois, et pour toujours, et Il ne le répètera jamais. Si ce que Jean-Paul II et John O&#8217;Brien croyaient était vrai, alors, dans la même messe, le &laquo;&nbsp;Christ&nbsp;&raquo; serait désincarné lorsque le prêtre absorberait physiquement les éléments et ils ne contiendraient plus le « Christ ». Cet enseignement n’est qu’une insulte horrible, en faisant du Seigneur un esclave et en trompant les fidèles.<br />
Jean-Paul II a même prétendu que le pouvoir efficace découle de l&#8217;élément lui-même de la Communion. Ainsi, son enseignement officiel était ce qui suit : « Par la même charité qui nous a été infusée, l&#8217;Eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs. »  Par conséquent, Jean-Paul II a enseigné à ses gens de se tourner vers l’Eucharistie d’une manière physique, comme un moyen de transmission de la grâce de Dieu, et a enseigné aux gens à se tourner vers les choses physiques comme si elles avaient des pouvoirs surnaturels. Un tel enseignement est sous une malédiction éternelle pour avoir perverti l&#8217;Evangile du Christ. Dans Galates 1:9 ; <em>« …si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème! » </em>Proposer une ingestion orale de la chair du Christ est assez mauvais ; Mais, ce que Jean Paul II a enseigné est bien pire. Il a déclaré que çà « nous préservait des futurs péchés mortels. »  Ces mots séduisants de la philosophie humaine enseignent la pratique séculaire de rechercher une substance physique afin de se procurer la vie.<br />
Ce qui rend cette doctrine d&#8217;autant plus répugnante, c’est que cet enseignement même, qui parle de la préservation des péchés graves, est en soi un péché blasphématoire. Les croyances et les pratiques de Jean-Paul II étaient en fait des dangers mortels spirituellement. Il a présenté des choses physiques comme si elles étaient elles-mêmes des pouvoirs nécessaires pour le salut. Ainsi, c’était ce même Jean-Paul II qui a proposé ses sacrements physiques de l’Église comme des moyens inhérents pour obtenir la grâce de l&#8217;Esprit Saint. Par conséquent, son enseignement officiel a déclaré ;<br />
« L&#8217;Église affirme que pour les croyants les sacrements de la Nouvelle Alliance sont nécessaires au salut. La grâce sacramentelle est la grâce de l&#8217;Esprit Saint, donnée par le Christ et propre à chaque sacrement. »<br />
Inculquer la dépendance à ces sacrements physiques au lieu de la foi directe envers le Seigneur Jésus-Christ était le régime de Jean-Paul II. Il dévié la foi dans la personne du Christ vers des rituels qui se déclarent être des pouvoirs. Il les a explicitement appelés des « pouvoirs » en déclarant : « Les sacrements sont des pouvoirs qui sortent du Corps du Christ, qui est toujours vivant et éternel. »<br />
Les vrais chrétiens voie la puissance de Dieu proclamée dans Romains 1:16 ;</p>
<p><em>« Car je n’ai point honte de l’Évangile ; C’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit. » </em>Et, dans Romains 3:24 ; <em>« …et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. » </em>Ainsi, la foi et la pratique de Jean Paul II ne sont pas celles d&#8217;une personne qui est bienheureux aux yeux de Dieu ; En effet, c’est bien le contraire.<br />
<span style="text-decoration: underline;">Le personnage de Jean-Paul II</span><br />
Le personnage de Jean-Paul II a été présenté comme resplendissant d’humilité et de compassion, s’avançant sincèrement afin d&#8217;apporter la paix et l&#8217;unité dans le monde. Sous la façade, cependant, il avait l’emprise d’une main de fer sur les gens en termes de droit. Comme le Pape Grégoire VII, au XIe siècle, Jean-Paul II était déterminé à bâtir un empire par ses lois méticuleuses. Il était catégorique dans ses efforts pour mettre à jour les lois de l&#8217;Église Catholique. Depuis l&#8217;époque de Grégoire VII, les papes avaient vu la nécessité de rendre inflexibles les lois de l’Église avant de tenter de contrôler leurs sujets et les autres par la contrainte, si nécessaire. Ainsi, c’est en 1983 que Jean-Paul II a révisé le Code du Droit Canonique de 1917. Il a ajouté des lois à celles qui existaient déjà, telles que les suivantes ;<br />
« L&#8217;Eglise a le droit inné et propre de contraindre les membres offensants de la foie chrétienne  par le biais de sanctions pénales. »<br />
L&#8217;examen de ces lois supplémentaires montre qu&#8217;elles sont encore plus totalitaires que celles du passé. Par exemple, en termes plus clairs que tous les autres cultes, Jean-Paul II a décrété la nécessité de supprimer les facultés données par Dieu de l&#8217;esprit et de la volonté de quelqu’un. Sa loi déclare ;<br />
« Un respect religieux de l&#8217;intelligence et de volonté, même s&#8217;il n&#8217;est pas l&#8217;assentiment de la foi, doit être payé à l&#8217;enseignant qui est le Souverain Pontife.»<br />
Les conséquences de la non-soumission ont été énoncées dans ses lois,  « Ce qui suit doit être puni d&#8217;une juste peine : 1. Une personne qui &#8230; enseigne une doctrine condamnée par le Pontife Romain&#8230; »  Des sanctions spécifiques sont également décrétée par Jean-Paul II, « La loi peut établir d&#8217;autres peines expiatoires qui privent un croyant de quelques biens spirituels ou temporels, et sont compatibles avec l’objectif surnaturel de l&#8217;Église. »<br />
<span style="text-decoration: underline;">Imposition d’un contrôle accru sur l&#8217;Eglise Catholique</span><br />
Jean-Paul II savait très bien comment imposer sa volonté dans la loi. Dans certaines autres activités, son génie était plus visible dans ce domaine. Il n&#8217;y avait aucun frein et contrepoids à son pouvoir absolu et a son autorité. Dans un commentaire officiel sur son droit canonique, il y a ce qui suit ;<br />
«  Le système gouvernemental de l&#8217;Église est très différent de la notion d&#8217;un équilibre des pouvoirs. En fait, les trois fonctions sont situées dans le même bureau &#8230;. Contrairement au système américain, le droit ecclésiastique ne provient pas de la volonté des gouvernés, et la structure juridique de l&#8217;Eglise ne compte pas sur un système de freins et de contrepoids pour maintenir son efficacité &#8230; Le Code favorise ce système par une structure hiérarchique qui est plus verticale qu’horizontale. En fin de compte, le juge suprême, le Pape, est également le plus haut législateur et le plus haut administrateur. »<br />
L&#8217;imposition de la volonté de Jean-Paul II était bien vue dans un article dans le Rapport du Monde Catholique appelé, « Rome a parlé, une fois de plus ». L&#8217;article déclarait ce qui suit ;<br />
« Le Pape tente d’éradiquer le débat libéral sur les questions chaudes », titrait le New York Times dans un article en première page, avertissant sombrement d’un « juste châtiment » possible pour les dissidents &#8230; Dans un autre article en première page, le Washington Post présentait sa couverture avec le titre,</p>
<p>« La lettre du Pape est une source de division, disent les critiques », et le Post n’a pas oublié d’ajouter le sous-titre obligatoire sur la façon dont« la dissidence envers les dogmes risque la répression &#8230;. » »<br />
Alors, afin de faire avancer l&#8217;agenda œcuménique de Jean Paul II pour forcer les évangéliques, les luthériens et les anglicans à accepter le catholicisme comme une forme valide du christianisme, le Vatican a annoncé que des excuses devait être faite pour l&#8217;Inquisition. Cependant, lors d&#8217;une messe le 12 mars 2000, dans laquelle ils devaient le faire, Jean-Paul II a simplement demandé pardon pour les fautes commises dans le passé par les membres de l&#8217;Eglise. Le fait est, comme il le savait très bien, que les membres individuels de l&#8217;Eglise Catholique n&#8217;ont jamais ordonné l&#8217;assassinat systématique des croyants et la confiscation de leur propriété privée au cours des 605 années de l&#8217;Inquisition. Au contraire, comme l’a observé Lord Acton qui était lui-même un catholique, c’était « les Papes, en particulier, qui sont à l&#8217;origine de l&#8217;instigation des souffrances et des<br />
persécutions, s&#8217;impliquant personnellement dans les détails, même de la manière que les croyants devaient être torturés. »  Ainsi, tandis que Jean-Paul II semblait être éminemment pieux, quand on étudie ses lois, ses décrets, ses jugements et ses actions, il était un despote avec un pouvoir dictatorial.<br />
Des avertissements solennels sont donnés dans les Écritures concernant les agissements de telles personnes dans II Corinthiens 11:13-14 ; <em>« Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n’est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. » </em> En conséquence de tout ce qui est documenté ici, il devient évident que le personnage de Jean-Paul II n&#8217;était pas celui d&#8217;une personne exaltée aux yeux de Dieu, et pas celui qui Le connaissaient. Au contraire, il est celui qui doit être exposé afin de prévenir les gens de tomber dans les déceptions et les pièges qu&#8217;il a perpétrés dans le monde catholique, le monde évangélique.<br />
<span style="text-decoration: underline;">Maudit devant le Seigneur Dieu</span><br />
Il est bien évident que Jean-Paul II n&#8217;a pas été et n&#8217;est pas bienheureux aux yeux de Dieu. Qu&#8217;était-il alors? Selon sa propre estimation, il se voyait comme l&#8217;autorité suprême absolue. Par conséquent, le 8 octobre 2000, sous son titre présumé de Vicaire du Christ, il a consacré le monde et le nouveau millénaire à la &laquo;&nbsp;Très Sainte Vierge Marie.&nbsp;&raquo;  Par un tel acte blasphématoire, il se moque du premier commandement. Par ces actions et ses autres actions blasphématoires officielles, Jean-Paul II a démontré effectivement qui il était. Ouvertement et sans équivoque, il a rempli la définition du texte de Thessaloniciens de</p>
<p>« l&#8217;homme du péché ». <em>« Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; Car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. »</em> Le même Jean-Paul, qui a assumé lui-même les titres de « Saint-Père » et de « Vicaire du Christ », réunie d’une manière inqualifiable la définition de l&#8217;Antéchrist donnée par l&#8217;apôtre dans I Jean 2:22 ; <em>« Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ? Celui-là est l’antéchrist, qui nie le Père et le Fils. » </em> Jean-Paul II en se donnant ces désignations renie le Père et le Fils, et à nouveau montre ce qu’il était. Même dans son Catéchisme, il a pris pour lui-même le siège du Christ de la puissance suprême et universelle pour toute l&#8217;Église. Ainsi, il a décrété ;<br />
« Parce que le Pontife Romain, en raison de sa charge comme Vicaire du Christ et en tant que pasteur de l&#8217;Eglise tout entière, détient tous les pouvoirs suprêmes et universels sur toute l&#8217;Église, un pouvoir qu&#8217;il peut toujours librement</p>
<p>exercer. »<br />
Jean-Paul a été le pire ennemi du Christ qui, sous prétexte de Le servir, tente de porter atteinte à ses offices uniques d’une manière flagrante en essayant d&#8217;usurper son pouvoir et sa position. Ce qui est extrêmement sérieux, c’est le fait que Jean-Paul a déclaré sans équivoque qu&#8217;il y avait « un échange abondant de toutes les bonnes choses », dans ce qu&#8217;on appelle &laquo;&nbsp;la communion avec les morts.&nbsp;&raquo;  Dans le même paragraphe, il élabore, « Dans cet échange admirable, la sainteté des uns profite aux autres, bien au-delà du préjudice que le péché seul pu causer aux autres ». Ceci est en fait un vrai déni de l&#8217;Evangile du Christ. Il n’existe aucune rétractation connue de Jean Paul II à ce sujet. Pourtant, la parole écrite du Seigneur, que Jean-Paul avait en sa possession dans le cadre de son autorité, proclame dans Galates 1:9 ; <em>« Nous l’avons dit précédemment, et je le répète à cette heure ; Si quelqu’un vous annonce un autre Évangile que celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème! » </em> Ce doit<br />
être la conclusion très grave et sombre de la question : Devant le tribunal de la Parole absolue de Dieu, Jean-Paul II a démontré être maudit par ses propres paroles. Avec la plus grande préoccupation, par conséquent, nous tendons la main avec le véritable Evangile à tous ceux qui vivent leur vie sous les enseignements condamnables que cet homme a propagés.<br />
<span style="text-decoration: underline;">La Réponse des Croyant en la Bible </span><br />
Nous avons analysé soigneusement les croyances et les pratiques de Jean-Paul parce que le Seigneur nous ordonne, dans Jude 3 ; <em>« à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. » </em> Notre position pour la vraie foi biblique est d&#8217;être avec &laquo;&nbsp;compassion, faisant ainsi une différence.&nbsp;&raquo; Comme le Seigneur nous l’a dit dans Jean 16:33 ; <em>« Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; Mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » </em>Il nous ordonne également dans Éphésiens  6:13-14 ; <em>« C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme ; Ayez à vos reins la vérité pour ceinture ; Revêtez la cuirasse de la justice. » </em> Par conséquent, nous avons l&#8217;assurance totale que le Seigneur Dieu est avec nous. La certitude du triomphe final doit animer nos efforts et nous encourager dans notre lutte. Avec une grande confiance, nous recherchons des fruits du travail accompli en son nom comme il nous l&#8217;enseigne dans I Jean 5:4 ; <em>« &#8230; parce que tout ce qui est né de Dieu triomphe du monde ; Et la victoire qui triomphe du monde, c’est notre foi. » </em>Au milieu de tout l&#8217;apparat spectaculaire qui entoure la béatification de Jean Paul II, le Seigneur sauvera comme il l&#8217;a fait dans la splendeur de la visite du Pape en Angleterre en septembre 2010.</p>
<p>Laissez retentir le son de la trompette Evangile! Sur l&#8217;autorité des Écritures, proclamez que les pécheurs sont justifiés par la grâce seule, par la foi seule, par le Christ Jésus seul! Et toute la gloire appartient à Dieu seul! Le cri retentissant clairement est le commandement du Seigneur Lui-même, dans Jean 6:29 ; <em>« L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »</em> Et, dans Marc 1:15 ; <em>« Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » </em> Là où il y a une vraie foi et l&#8217;amour du Seigneur, il y a au milieu de tous les tourments, une joie indicible et une pleine gloire. Dieu est le seul Saint-Père, le seul et unique Totalement Saint. Sa sainteté est le facteur de distinction dans toutes ses caractéristiques essentielles. C’est la raison pour laquelle nous devons être justes en nous dressant devant le seul et l’unique Dieu Tout-Puissant selon les conditions qu’il a lui-même prescrit. Tournez-vous vers Dieu avec votre seule foi, dans le Christ uniquement, parce que le salut que Lui seul donne par la croyance dans le Saint-Esprit, et se fondant sur la mort et la résurrection du Christ Lui-même. Croyez en Lui seul, <em>« …à la louange de la gloire de sa grâce qu’il nous a accordée en son bien-aimé. »</em> (Éphésiens 1:6)<br />
<a href="http://www.bereanbeacon.org/articles/John_Paul_II_Blessed_in_the_Sight_of_God.pdf">http://www.bereanbeacon.org/articles/John_Paul_II_Blessed_in_the_Sight_of_God.pdf</a></p>
<p>Traduit par Oscar Blais</p>
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		<title>Pie XII et la Shoah : un silence si froid, un drame si lourd</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 18:19:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Israël et Prophéties]]></category>
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		<category><![CDATA[Église catholique]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Le texte qui suit comporte plusieurs notes de bas de pages qui, pour des raisons techniques, se retrouvent à la fin du document. Ces notes précisent les noms, lieux et événements du texte, en plus de doter celui-ci d’un appui bibliographique scientifique. Aussi, les versets entre parenthèses ont une valeur référentielle biblique pour les événements [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le texte qui suit comporte plusieurs notes de bas de pages qui, pour des raisons techniques, se retrouvent à la fin du document. Ces notes précisent les noms, lieux et événements du texte, en plus de doter celui-ci d’un appui bibliographique scientifique. Aussi, les versets entre parenthèses ont une valeur référentielle biblique pour les événements retracés ici.</em></p>
<p><span id="more-348"></span></p>
<p>Avec le développement de la Deuxième Guerre mondiale, le régime hitlérien se livre à toutes sortes d’atrocités, et celles commises contre les Juifs figurent certainement parmi les pires. N’ayant toujours pas trouvé de solution au « problème juif », les nazis se réunissent le 20 janvier 1942 à Wannsee (1) afin d’en déterminer l’issue. Reinhard Heydrich (2) et les autres Allemands présents lors de cette conférence décident alors d’employer ce qu’on appelle la « solution finale ». Si les persécutions et les déportations juives sont déjà bien étendues depuis le début de la guerre, cette décision vise désormais l’extermination physique du peuple de Dieu. L’hécatombe à laquelle cette politique va mener est sans contredit la plus démesurée à l’avoir frappé, et cela malgré les siècles passés de pogroms et d’antisémitisme. En tout, cinq à six millions de Juifs meurent dans les camps d’extermination ou ailleurs <strong>(Jérémie 30)</strong>.</p>
<p>Néanmoins, peu de gens se lèvent devant ce massacre. Jusqu’au début des années 1960, on croit que Pie XII, alors pontife romain, a tout fait pour sauver les Juifs dans cet épisode tragique. D’abord louée, son attitude devient la cible de critiques virulentes. C’est en 1962 que la réputation du pape commence à basculer. Lors du célèbre procès d’Adolf Eichmann (3) à Jérusalem, des évêques catholiques présentent alors des excuses pour les mauvaises décisions prises par l’Église lors de la Shoah. Non seulement cet aveu  entame l’assaut contre le défunt Saint-Père, mais il prépare aussi le terrai­­n à la pièce de théâtre de Rolf Hochhuth, <em>Der Stellvertreter</em> (Le Vicaire), en 1963. Celle-ci montre un Eugenio Pacelli (4) indifférent devant les atrocités nazies et met l’emphase sur son silence à l’endroit de la <em>Shoah</em> (5). Afin de mettre aussitôt fin aux polémiques que la pièce fait naître, Paul VI (6) ordonne dès 1964 de rendre publiques tous les documents du Vatican concernant la Seconde Guerre mondiale. Malgré cela, les recherches qui en résultent suscitent d’autres interrogations sur le pontificat de Pie XII.</p>
<p>La politique d’Eugenio Pacelli à l’égard des persécutions juives est fondamentalement importante dans le sens où elle met la crédibilité de l’Église catholique en jeu. Dans cette affaire, les choix du Saint-Père sont sujets à de sérieuses interrogations. En fait, peut-on réellement dire que celui qui est élu pape en 1939 s’astreint au silence face à la « solution finale » du régime hitlérien? Dans un tel cas, pour quelles raisons Pie XII se laisse-t-il guider par la prudence plutôt que de se laisser emporter par la vérité?</p>
<p>D’une part, certains historiens – et la plupart des catholiques – croient que l’attitude du Vatican face au massacre des Juifs est totalement justifiable par son désir de demeurer neutre dans le conflit et de ne pas aggraver la situation. Ils croient aussi que le pape fait le nécessaire afin de sauver le plus possible de vies humaines. D’autre part, des historiens pensent que Pie XII est le « pape d’Hitler » et que le silence qu’il observe face aux atrocités nazies vise essentiellement des intérêts pragmatiques. La situation peut aussi être vue de façon plus modérée, car en dépit des quelques interventions d’Eugenio Pacelli en faveur des Hébreux, son silence est effectivement réel, mais sa vision diamétralement opposée à celle du chef nazi. En fait, elle se révèle bien pragmatique, dans le sens où le pape s’astreint au silence à la fois par amour pour l’Allemagne, par crainte d’empirer la situation et de voir Rome détruite et pillée, par haine du communisme, et par désir de jouer un rôle de négociateur à la fin des hostilités.</p>
<p>Afin de vérifier cette hypothèse, l’analyse de cette étude repose sur un plan thématique. Cela permet de comprendre pourquoi on attribue à Pie XII ce silence si coupable face à un événement si inhumain. Dans l’ordre, l’attitude du Vatican pour sauver les Juifs d’Europe durant la guerre et les raisons qui le guident dans sa politique sont observés dans ce texte.</p>
<h1>I.             L’inertie papale : « Nous ne laisserons pas […] notre action s’engager dans les controverses purement temporelles »</h1>
<p>Pie XII</p>
<p>De tout le XXe siècle, Eugenio Pacelli a certainement le pontificat le plus difficile et le plus critiqué. Tour à tour, le péril bolchévique, le conflit mondial, le génocide juif et la Guerre froide viennent tourmenter l’ancien nonce de Berlin. Malgré le drame sans précédent que représente la Shoah, les actions du Vatican pour l’éviter, ou du moins le minimiser, sont négligeables.</p>
<p>L’attitude de Pie XII envers la <em>Shoah</em> est certes critiquable, mais elle doit être prise dans le cadre spécifique de son pontificat et de la Deuxième Guerre mondiale. On ne doit pas, et sous aucune forme de comparaison ou d’analogie, l’étendre aux autres papes du XXe siècle et à plus forte raison à l’Église catholique elle-même. Cela dit, avant d’entamer l’étude de la politique que mène Pie XII face aux atrocités nazies, on doit connaître les antécédents de l’Église romaine concernant la montée du régime hitlérien et de son idéologie antisémite. Pour être éclairé sur la pensée du Vatican à cet endroit, il faut s’en remettre au pontificat de Pie XI. Achille Ratti (7) est totalement opposé aux idées d’Adolf Hitler, en particulier sur l’antisémitisme. Loin d’être antisémite – comme cela a souvent été le cas chez les papes du passé –, il tente un rapprochement entre les chrétiens et le peuple hébreu, comme l’atteste cette phrase célèbre : « Nous sommes spirituellement des sémites » (8) (<strong>1 pierre 2 : 9-10</strong>). Pie XI se déclare ouvertement contre le racisme de l’idéologie nazie en publiant un article dans l’<em>Osservatore romano</em> qui interdit aux catholiques allemands de s’identifier aux idées raciales du nouveau Reich. Après le pogrom national de 1938, il est même prêt à rompre le concordat (9) que son secrétaire d’État, Eugenio Pacelli, a si ardument travaillé à signer avec Hitler. C’est d’ailleurs cet homme d’église qui l’en empêche, tout comme il le dissuade de condamner la <em>Kristallnacht</em> (10). Enfin, Pie XI meurt le 10 février 1939, l’empêchant de publier son encyclique (11) <em>Humani Generis Unitas</em>, qui condamne le racisme fasciste et l’antisémitisme, laissée lettre morte par son successeur.</p>
<p>Alors qu’il est toujours cardinal et secrétaire d’État, les actions d’Eugenio Pacelli pour freiner l’élan de Pie XI s’avèrent pleines de significations. En fait, Achille Ratti se faisant mourant et la guerre étant imminente, Mgr Pacelli sait que le conclave le désignera comme nouveau pape et que cela signifie pour lui qu’il faut être en contrôle des relations avec le Reich allemand le plus tôt possible. Cette élection indique alors que la diplomatie prend le pas sur la justice. Fort d’une brillante carrière d’ambassadeur, Pie XII en garde l’affabilité, la souplesse et la prudence dans son pontificat (12). Dès le début des hostilités, il décide ainsi de séparer diplomatie et morale. Cela ne doit cependant pas cacher son profond mépris du national-socialisme – qu’il condamne en 1937 – et de la guerre qu’il tente de prévenir à plusieurs reprises par des négociations avec les pays concernés (13).</p>
<p>Lorsque la guerre éclate, Rome s’impose une stricte neutralité qu’elle poursuivra rigoureusement jusqu’à la fin. La phase initiale de la <em>Shoah</em> ne commence toutefois pas en 1939. Il faut attendre l’opération <em>Barbarossa</em>, soit l’invasion de l’URSS par la <em>Wehrmacht</em> pour que le massacre des Juifs débute. Conjointement à l’avancée de l’armée allemande en sol soviétique, quatre groupes mobiles d’extermination sont mis en place afin de tuer les fils d’Abraham. Grâce à la coordination entre ces groupes spéciaux et les troupes allemandes, environ un million et demi de Juifs sont tués entre l’été et l’hiver 1941. Malgré l’information que le Saint-Siège reçoit de ce massacre, il reste muet. Ce silence se poursuit durant la deuxième phase d’extermination, après que la « solution finale » ait été décidée. En dépit de ce que l’on peut tirer de cela, Pie XII est manifestement attentif à la cause du peuple hébreu. Dans certaines situations, ses craintes et espoirs l’incitent à intervenir pour les sauver. Ainsi, avant d’analyser le silence du 258<sup>e</sup> pape, il serait juste d’explorer ses interventions.</p>
<p>Durant le conflit, les actions du chef de l’Église pour minimiser le génocide juif sont très rares et extrêmement dissimulées. En dépit du fait qu’à de nombreuses reprises, des victimes, des membres ecclésiastiques – tel Mgr von Preysing – et les Alliés lui demandent de proclamer publiquement sa désapprobation des atrocités nazies et son appui au <em>peuple de Dieu</em>, le pontife ne le fait qu’une seule fois : lors du message radio-diffusé de Noël 1942. Sur les vingt-sept pages de son discours, le pape consacre seulement vingt-sept mots à la <em>Shoah</em>, et cela, en des termes très vagues, sans se référer aux Juifs ou au nazisme : « […] sans aucune faute de leur part, pour le seul fait de leur nationalité ou de leur origine ethnique, [les victimes] ont été vouées à la mort » <strong>(Jérémie 8 :3)</strong>. Si certains perçoivent alors ce message comme une condamnation des persécutions allemandes à l’endroit des Hébreux (14), en réalité, très peu de gens l’interprètent ainsi, puisque tous se demandent si la politique d’extermination existe vraiment (15). Par ailleurs, le Saint-Père agit – et cela directement – en deux occasions pour les Juifs. D’abord, le 25 juin 1944, alors que l’occupation allemande s’étend sur la Hongrie, il adresse un message personnel au dictateur du pays, Horthy, lui demandant d’interrompre la déportation des Sémites vers Auschwitz (16). L’intervention réussit, mais les déportations reprennent lorsque le régent est arrêté par les nazis pour avoir négocié avec les Soviétiques. L’autre action est de plus grande envergure. Il s’agit de l’aide que le pape apporte aux Juifs par l’entremise d’autres membres de l’Église lors de la grande rafle de Rome, dans la nuit du 15 octobre 1943. Les Juifs de l’Urbs, qui est occupée depuis le 8 septembre, voient la Gestapo et la S.S. les pourchasser afin de les déporter vers les camps de l’Europe de l’Est. Sans protester publiquement, Pie XII prend cependant des dispositions pour en sauver le plus possible (17). Le Vatican et les communautés religieuses de Rome abritent alors de nombreux réfugiés, sauvant ainsi la vie à des milliers de Juifs. Si certains de ces refuges sont néanmoins violés, la plupart jouissent de l’immunité, et cela, en dépit de ceux qui les dénoncent à prix d’or (18). Il faut aussi se rappeler l’aide que le pape apporte à la communauté juive à la fin septembre. Sous peine de déportation immédiate pour tous les Juifs de la Ville éternelle, ces derniers doivent fournir cinquante kilos d’or à la S.S. Pie XII fait alors le nécessaire pour leur fournir les kilos manquants. Malgré ces préoccupations, le pape ne perd cependant pas de vue le salut de la Cité.</p>
<p>Durant l’occupation allemande du Nord de l’Italie (19), les Alliés rapprochent chaque jour de Rome le front des combats par le Sud. Devant cette situation, le Saint-Père décide de parler, mais pas pour les Juifs. En fait, il craint que le Vatican soit la proie des bombes et que ses richesses soient pillées ou détruites. Selon l’historien Phayer, cette crainte est omniprésente (20). Alors que les combats font rage dans le Sud de la péninsule, le pape communique trente-quatre fois avec les émissaires américains Taylor et Tittman pour prévenir un éventuel bombardement. Et plus les combats s’approchent de Rome, plus le pape renouvelle ses instances aux pays en lutte (21). Il va même jusqu’à menacer les Alliés de protester publiquement advenant un bombardement sur la Ville. Rien de tel envers Adolf Hitler et son génocide! Pourtant, Pie XII n’avait pas protesté contre les bombardements de l’Axe en Angleterre, en Pologne, en Hollande, à Manille, à Pearl Harbor et autres lieux. Le Vatican s’inquiète en fait de ce qui n’a pas encore eu lieu et ne s’intéresse pas à l’extermination des Juifs qui a cours, irritant par là les Alliés, qui voudraient bien voir l’Église se charger de sa responsabilité morale dans ce dossier.</p>
<p>En effet, au grand désarroi de la Grande Bretagne et des États-Unis, Eugenio Pacelli ne veut désavouer ni les agresseurs ni les atrocités qu’ils commettent (22). Sa déclaration du début de la guerre à l’ambassadeur de Lituanie est très révélatrice de sa prudence à cet endroit : « Nous ne laisserons pas […] notre action s’engager dans les controverses purement temporelles » (23). Lorsque le filet nazi s’étend sur l’ensemble de l’Europe et que la <em>Shoah</em> bat son plein, Pie XII n’envisage pas plus de sortir de sa réserve. Pour intervenir, il attend l’occasion où il ne sera pas accusé d’ingérence ou de partialité (24), comme lors de son message de Noël 1942. Sans parler ouvertement, le pape pourrait néanmoins divulguer aux Alliés l’information qu’il détient sur le génocide, pour qu’eux agissent. Il ne le fait pas. Le réseau de communications du Vatican est pourtant le plus étoffé au monde et il continue de fonctionner durant le conflit; l’attestent les nombreuses lettres entre les différents membres ecclésiastiques (25). En fait, le Vatican est un véritable carrefour pour l’information. Sans avoir besoin de les rechercher, il reçoit de nombreux rapports concernant la Shoah et devient l’un des premiers avertis de la situation (26). En assemblant les comptes rendus de ses effectifs européens, il est, dès 1942, en mesure de comprendre qu’il s’agit véritablement d’un génocide (27). En publiant les rapports fiables qu’il reçoit, ou du moins en les faisant circuler en privé entre les diplomates et les évêques catholiques d’Europe, ou encore aux mouvements de résistance catholiques qui s’efforcent de sauver les Juifs, il pourrait jouer un rôle primordial dans la diffusion de l’information sur la <em>Shoah</em>. On peut comprendre que Pacelli ne veut pas rendre publique cette affaire pour des raisons de neutralité, mais en choisissant de retarder sa divulgation, les conséquences se révèlent terribles. À ce moment, le public du monde entier ne veut pas accepter que l’extermination du peuple hébreu soit une réalité. En ce sens, il admet trop tard l’existence de la « solution finale ». Cette politique de dissimulation de l’information se poursuit jusqu’à la fin de la guerre, mais ne s’avère pas le seul aspect pouvant expliquer le silence de Pie XII.</p>
<p>Dans certains pays, Pie XII peut aisément freiner les atrocités en menaçant d’excommunier leurs leaders. C’est notamment le cas des nouveaux régimes catholiques de Croatie et de Slovaquie. Par exemple, lorsque le chef oustachi Ante Pavelic (28) persécute des Juifs et des Serbes orthodoxes, le pape n’intervient pas parce qu’il souhaite que ce régime se maintienne (29). De même en Slovaquie avec le régime de Mgr J. Tiso. Par ailleurs, lorsque le régime de Vichy promulgue des lois antisémites, le Saint-Siège se tait. Avec la <em>Shoah</em> qui se développe, le président français Philippe Pétain demande aussi au Vatican une ligne à suivre en ce qui concerne la situation des Sémites, mais ce dernier ne lui répond pas (30). Si le pape reste silencieux devant les persécutions juives, notons ici que pour sa part, le patriarche de Constantinople avertit tous ses évêques de faire le nécessaire pour sauver les Juifs (31). Finalement, on peut dire que le choix de Pie XII de demeurer silencieux, non seulement face aux atrocités, mais aussi face à l’anti-christianisme du régime hitlérien, aux bombardements et aux abominables méthodes d’occupation allemandes, s’avère rigoureusement respecté tout au long de la Deuxième Guerre mondiale (32). Il est alors à propos de se questionner sur les raisons qui le motivent à agir ainsi.</p>
<h1>II.          Un froid silence dans la consécration à l’ordre temporel</h1>
<p><strong> </strong></p>
<p>Derrière le mutisme du pape, de profonds principes se cachent. À la fois les sentiments, l’idéologie et le caractère de Pie XII expliquent sa prudence.</p>
<p>Avant d’être élu pontife romain, Eugenio Pacelli passe le clair de sa carrière ecclésiastique en Allemagne. D’abord nonce de Bavière (1914) et à Berlin (1920), il y est ensuite nommé cardinal en 1929. Durant les nombreuses années qu’il passe dans ce pays, Pie XII s’éprend de la culture et du peuple allemands, ce qui affaiblit son jugement et son impartialité devant la montée du régime hitlérien (33). Témoin des souffrances des Allemands après le Diktat de Versailles (34), il voit en la Deuxième Guerre mondiale une certaine revanche de l’Allemagne (35). De plus, l’idée que ce pays puisse recréer un empire central en Europe lui ferait oublier le regretté empire catholique austro-hongrois des Habsbourgs (36), en plus d’être un formidable rempart contre le communisme russe. Si Pie XII ne condamne pas les atrocités nazies à l’endroit des Juifs, c’est aussi qu’il veut qu’après la guerre les Allemands puissent se rappeler avec quelle bonté il les a traités et veuillent préserver le concordat de 1933 (37). Surtout, il souhaite que l’amertume que créerait une éventuelle défaite ne puisse les tenter de lui en faire porter le blâme (38). Sur ce point, le Saint-Père se rappelle trop bien le reproche allemand adressé à Benoît XV (39) après la Première Guerre mondiale.</p>
<p>Par ailleurs, condamner la <em>Shoah</em> mettrait les catholiques allemands (qui sont plus de 30 millions) devant un incroyable cas de conscience entre leur foi chrétienne et le fanatisme hitlérien. Par crainte de voir ces derniers choisir leur chef allemand, Pie XII s’astreint au silence (40). Et pour les avoir bien connus, il sait qu’il ne réussirait pas à les soustraire à leur nouvelle conscience, alors complètement intoxiquée par la propagande nazie. En fait, le pape désire une Allemagne puissante sans Hitler, car il sait pertinemment que si ce dernier gagnait la guerre, il y aurait une lutte décisive entre le christianisme et le nazisme. Il croit toutefois que cette idéologie est un mal éphémère que la sagesse du peuple allemand finira par se débarrasser. Son silence s’explique en partie par ces considérations.</p>
<p>Le pape craint également d’aggraver la situation des Juifs s’il intercède en leur faveur. Il est persuadé que de se lever devant les différentes atrocités que les nazis commettent tuerait plus de gens: « Nous voudrions nous élever en lettres de feu contre de tels actes et la seule chose qui nous retient de parler est la peur d’empirer le destin funeste des victimes » (41). Pour justifier cette position, le Vatican se réfère souvent à l’exemple hollandais. Lorsque ce pays tombe aux mains des nazis et que les déportations des Juifs commencent, ceux qui se convertissent au catholicisme sont exemptés. Les chefs des différentes Églises (protestantes et catholique), et surtout l’Archevêque d’Utrecht, protestent néanmoins. Par conséquent, la S.S. et la Gestapo annulent les exemptions pour les Juifs convertis. C’est précisément ce cas de représailles allemandes qui fait croire au pape qu’il ne doit pas parler ouvertement. Dans ce cas, on peut alors se demander pourquoi il ne proteste pas devant l’invasion du Danemark et de la Norvège, où il n’y a presque pas de catholiques? Il pourrait alors blâmer les nazis sans risquer des représailles sur les fidèles de ces pays. En fait, le pape croit qu’il y a des risques à désavouer les Allemands parce que le IIIe Reich pourrait persécuter les catholiques d’Allemagne (42).</p>
<p>Par ailleurs, comme nous l’avons déjà mentionné, le pontife met énormément d’énergie à éviter que Rome soit la proie des bombes et des combats. Cet aspect joue pour beaucoup dans son intention de demeurer silencieux face à la Shoah. Pie XII a en effet très peur qu’un désaveu public entraîne les puissances en guerre à faire fi de l’immunité dont jouit la Cité du Vatican depuis le début du conflit (43). Dans cette perspective, le Saint-Père s’efforce, non pas de sauver les vies des Juifs, mais de protéger ce qu’il appelle « des trésors inestimables, sacrés non seulement pour le Saint-Siège mais pour tout le monde catholique » (44). À ses yeux, il doit absolument intervenir pour éviter la destruction de la Ville – centre du catholicisme –, sans quoi la foi des fidèles sera atténuée (45). Cette allégation explique aussi une part de sa prudence devant la <em>Shoah</em>.</p>
<p>À cette inclination de Pie XII vers le silence, on doit ajouter son caractère de diplomate, car une dénonciation publique n’est pas dans son tempérament. En condamnant le génocide, le pape briserait sa neutralité et risquerait que ses propos soient utilisés par la propagande. Cela, il ne le veut pas (46). De plus, il tient rigoureusement à respecter le concordat qu’il a signé en 1933 avec l’Allemagne, et cet accord l’empêche d’aborder des thèmes n’étant pas intimement liés à l’Église. Pacelli ne sait pas comment réagir au massacre des Juifs; il met donc toute sa confiance dans la diplomatie. Avec le développement de la guerre, cette confiance devient cependant un désir. Retranché dans le Vatican dont les belligérants respectent l’indépendance, il veut être le médiateur d’une paix négociée. Un lien étroit existe entre ce désir et son mutisme, car s’il dénonce les atrocités nazies, il devient partial et s’interdit alors toute diplomatie. D’après ce que révèle l’étude de Schor, ce rêve de tenir le rôle du pacificateur devient d’ailleurs la principale préoccupation du Saint-Siège (47). Par conséquent, il n’apprécie pas que les États-Unis entrent en guerre, et encore moins que ces derniers veuillent une paix sans condition avec l’Allemagne (48).</p>
<p>Derrière ce désir de voir une Allemagne solide et unifiée sortir de la guerre, d’autres raisons au silence que préconise Pie XII se cachent. Depuis les années 1920, l’une des principales préoccupations d’Eugenio Pacelli est la menace que représente le bolchévisme (49). Lorsque Staline devient désireux de l’étendre vers l’Ouest européen, le combattre devient même sa priorité absolue. Selon lui – et ce qu’il retient du « message » de la Vierge aux trois jeunes bergers de Fatima <strong>(hébreux 1 :2)</strong> –, la destruction du communisme russe et la conversion de son peuple entraîneraient la paix mondiale. C’est précisément cette crainte du péril russe qui dicte le silence de Pie XII face au génocide des Juifs (50). Pour  anéantir cette menace, ou du moins la freiner, une Allemagne forte est nécessaire. Après avoir assisté à la misère qui régnait dans ce pays durant la Crise économique – on sait que les adhérents au communisme sont souvent des chômeurs –, le pape est plutôt satisfait de le voir se relever. En fait, le Saint-Père considère l’Allemagne comme la pièce maîtresse de l’échiquier européen contre l’expansion du marxisme-léninisme. C’est pourquoi il tient à son intégrité. Il accepte en ce sens de ne rien dire des atrocités auxquelles les nazis s’adonnent pour qu’ils arrivent plus aisément à vaincre l’URSS (51). Lorsque Berlin déclare la guerre à ce pays, le Vatican lui est totalement reconnaissant, et cela, malgré sa connaissance des groupes d’extermination qui suivent alors la <em>Wehrmacht</em>. L’attestent ces paroles du chef de l’Église catholique : « La providence emploie les armes allemandes à l’exécution de la justice divine. Elles s’abattent comme la foudre sur les pâles tyrans moscovites qui ont commis le crime sans nom de chercher à tuer Dieu dans le cœur du peuple russe. Cette mission impose des devoirs » (52). Et lorsque l’armée allemande repousse les Soviétiques de Lituanie et se rend jusqu’à Minsk, le pape ajoute : « Il ne manque certes pas […] de spectacles réconfortants qui ouvrent le cœur à l’attente de grandes et saintes choses » (53). Dans cette même avancée de la <em>Wehrmacht</em>, plus d’un million et demi de Juifs périssent… Ce qu’il faut savoir ici, c’est que selon Rome, dénoncer les nazis implique de faire la même chose pour les Russes, qui sont maintenant alliés des États-Unis et de l’Angleterre (54). Pacelli justifie donc son silence par son désir de demeurer neutre.</p>
<p>Cette perspective du mutisme papal est tout aussi visible après le conflit. Lorsqu’on lui demande de condamner la <em>Shoah</em> et de diriger l’éradication de l’antisémitisme en Europe, le pape fait tout le contraire. Les questions morales reliées aux criminels de guerre et au racisme envers les Juifs ne l’intéressent pas (55) <strong>(Genèse 12 :3)</strong>. En fait, il croit que l’après-guerre n’est pas une période pour punir, mais pour rallier les ennemis du communisme afin de le vaincre (56). Ce désir lui fait même réfuter la sentence finale des procès de Nuremberg, qui rend alors le peuple allemand complice des crimes nazis. En plus de disculper les Allemands, il favorise publiquement le pardon de ceux qui sont jugés criminels contre l’humanité. Son intervention à leur endroit se double d’une détermination à leur donner asile et assistance (57). En les logeant dans ses propriétés, en leur fournissant de l’argent et de faux passeports, ainsi qu’en faisant pression sur les pays d’Amérique du Sud pour qu’ils les accueillent, le Vatican viole toute éthique. Cette question morale et celle du refuge palestinien (58) pour les Hébreux ne l’intéressent pas parce que ses préoccupations sont ailleurs. À la fin des années 1940, Pie XII est angoissé par le progrès du communisme. L’avancée soviétique dans l’Est européen et en Allemagne, la nouvelle Yougoslavie de Tito, la Révolution chinoise de Mao et la montée de la gauche en Italie lui font perdre de vue la <em>Shoah</em>, désormais histoire du passé.</p>
<p>Enfin, la consacration que donne Pie XII à l’ordre temporel est précisément la raison pour laquelle il décide de ne pas impliquer l’Église catholique dans le sauvetage des Juifs persécutés et dans la condamnation de la <em>Shoah</em>. Plutôt que de s’appliquer aux questions morales et spirituelles entourant ce drame inhumain, le Saint-Père préfère s’adonner à des intérêts pragmatiques et personnels.</p>
<p><strong>P</strong>ie XII était sincèrement affligé par le sort des Juifs durant la <em>Shoah</em>, mais lorsqu’il tentait de les sauver, il se limitait aux voies diplomatiques. Avec l’impartialité qu’il s’est imposée en début de guerre et la rigidité de son inflexibilité durant celle-ci, le pape s’est montré impuissant à s’intéresser réellement à la Shoah. En ce sens, on peut lui reprocher son silence, car en chef de l’Église catholique, il avait le devoir moral de se laisser emporter par les droits à la vérité. Les raisons temporelles de sa décision justifient peut-être l’attitude du Vatican durant la Deuxième Guerre mondiale, mais en leur subordonnant le génocide juif on réalise ce qu’étaient ses vraies priorité. Cette implication séculière témoigne d’ailleurs du manque de profondeur éthique et spirituelle du pontificat d’Eugenio Pacelli. Car n’y a-t-il pas certains problèmes moraux qui interdisent la neutralité <strong>(Matthieu 25 : 42-43)</strong>?</p>
<p>Néanmoins, ce choix dramatique a sauvé plusieurs milliers de Juifs européens, ce qui a valu au pontife la reconnaissance de ces derniers après le conflit. Notons qu’aucune organisation, ni aucun pays n’a fait de protestation massive et publique contre le massacre des Hébreux. Sans offrir de condamnation publique, le pape disposait de multiples moyens pour atténuer la <em>Shoah</em>. À cet effet, on doit se rappeler l’écho que la protestation du Saint-Siège avait eu sur l’euthanasie à l’endroit des personnes jugées « inutiles » (Eugénisme) par le régime hitlérien. S’il avait seulement organisé une opération clandestine de sauvetage ou la diffusion de l’information concernant la Shoah, bien des vies juives auraient été épargnées. Nous avons donc le droit de nous questionner sur les réflexions actuelles de l’Église catholique à l’endroit de la <em>Shoah</em>. Car comment peut-elle, encore aujourd’hui, avec toute la connaissance historique que l’on possède sur le sujet, prétendre avoir bien agi et surtout, avoir agi pour la cause de Dieu durant le Second Conflit mondial <strong>(2 Corinthiens 6 :14-16)</strong>? En considérant que les archives du Vatican s’ouvrent par pontificat et que le dernier à avoir été mis à la lumière des chercheurs est celui du Pape Pie XI, il est clair que Rome a tout intérêt à attendre le plus longtemps possible avant d’ouvrir le prochain, duquel d’autres tragiques vérités pourraient encore émaner.</p>
<p>Bibliographie</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Ouvrages généraux </span>:</p>
<p>DURAND, Yves. <em>Histoire de la Deuxième Guerre mondiale</em>. Bruxelles, Éditions Complexe, 1997. 988 p.</p>
<p>SCHOR, Ralph. <em>L’Église catholique au XXe siècle</em>. Paris, Éditions Armand Colin, 1999. 95 p.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Études spécialisées </span>:</p>
<p>BLET, Pierre. <em>Pie XII et la Seconde Guerre mondiale : d’après les archives du Vatican</em>. Paris, Éditions Perrin, 1997. 336 p.</p>
<p>CHÉLINI, Jean. <em>L’Église sous Pie XII : la tourmente, 1939-1945</em>. Paris, Éditions Fayard, 1983. 355 p.</p>
<p>LACROIX-RIZ, Annie. <em>Le Vatican, l’Europe et le Reich : de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide</em>. Paris, Éditions Armand Colin, 1996. 539 p.</p>
<p>PHAYER, Michael. <em>L’Église et les Nazis, 1930-1965</em>. Paris, Éditions Liana Levi, 2001. 379 p.</p>
<p>RYCHLAK, Ronald J. <em>Hitler, the War, and the Pope</em>. Huntington, Our Sunday Visitor, 2000. 469 p.</p>
<p>NOTES :</p>
<p>1)    Wannsee est une petite banlieue de Berlin, capitale du IIIe Reich allemand.</p>
<p>2)    Cet officier et policier allemand est capitaine de la S.S. depuis 1934 et dirige les services de la Gestapo (police secrète du Parti national-socialiste allemand). Il organise aussi de nombreux massacres collectifs de Juifs d’URSS et c’est lui qui mène la conférence de Wannsee.</p>
<p>3)    Membre de la police allemande, il propose la « solution finale » à Hitler et organise la déportation de millions de Juifs vers les camps de la mort. Réfugié en Argentine, les services secrets israéliens l’y débusquent et l’amènent à Jérusalem pour être jugé et exécuté en 1962 pour crimes contre l’humanité.</p>
<p>4)    Nom réel de Pie XII.</p>
<p>5)    Ce terme hébreu désigne la politique d’extermination du régime nazi contre les Juifs.</p>
<p>6)    Giovanni Battista Montini est élu 260<sup>e</sup> pape en 1963 après Jean XXIII.</p>
<p>7)    Il est le 257<sup>e</sup> pape. Aussi nommé Pie XI.</p>
<p>8)    Michael Phayer, <em>L’Église et les Nazis, 1930-1965</em>, Paris, Éditions Liana Levi, 2001, p.23.</p>
<p>9)    Traité entre l’Église catholique et le IIIe Reich qui garantit à la première certains droits en Allemagne et à la seconde la non-ingérance de l’Église dans ses affaires.</p>
<p>10) Phayer, <em>op. cit.</em>, p. 24. En janvier 1939, la nuit de Cristal voit les nazis violer les droits des Juifs. On brise les vitrines de leurs commerces, on les insulte et les bat en certains lieux.</p>
<p>11) Lettre que le pape adresse au clergé du monde catholique ou aux évêques d’une nation.</p>
<p>12) Ralph Schor, <em>L’Église catholique au XXe siècle</em>, Paris, Éditions Armand Colin, 1999, p.40.</p>
<p>13) Pierre Blet, <em>Pie XII et la Seconde Guerre mondiale : d’après les archives du Vatican</em>, Paris, Éditions Perrin, 1997, p.31.</p>
<p>14) Ronald J. Rychlak, <em>Hitler, the War, and the Pope</em>, Huntington, Our Sunday Visitor, 2000, p.179.</p>
<p>15) Phayer, <em>op. cit.</em>, p. 88.</p>
<p>16) Jean Chélini, <em>L’Église sous Pie XII : la tourmente, 1939-1945</em>, Paris, Éditions Fayard, 1983, p.80. Un des principaux camps de concentration installés en Pologne, près de Cracovie. Les chambres à gaz et les fours crématoires de ce camp tuent environ un million de Juifs.</p>
<p>17) <em>Ibid.</em>, p.282.</p>
<p>18) Blet, <em>op. cit.</em>, p.245-246.</p>
<p>19) Cette occupation dure près de dix mois, entre le 8 septembre 1943 et le 4 juin 1944.</p>
<p>20) Phayer, <em>op. cit.</em>, p. 103.</p>
<p>21) Blet, <em>op. cit.</em>, p.247.</p>
<p>22) Chélini, <em>op. cit.</em>, p.101.</p>
<p>23) <em>Ibid.</em>, p.105.</p>
<p>24) <em>Ibid.</em>, p.104.</p>
<p>25) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.90.</p>
<p>26) Schor, <em>op. cit.</em>, p.41.</p>
<p>27) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.86.</p>
<p>28) En 1941, après l’invasion et le démantèlement de la Yougoslavie par Hitler et ses alliés, la Croatie devient un État indépendant satellite du Reich et ayant comme chef Ante Pavelic.</p>
<p>29) Yves Durand, <em>Histoire de la Deuxième Guerre mondiale</em>, Bruxelles, Éditions Complexe, 1997, p.407.</p>
<p>30) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.27.</p>
<p>31) Annie Lacroix-Riz, <em>Le Vatican, l’Europe et le Reich : de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide</em>, Paris, Éditions Armand Colin, 1996, p.423.</p>
<p>32) <em>Id.</em></p>
<p>33) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.316.</p>
<p>34) Terme désignant le traité de Versailles, qui met fin à la Première Guerre mondiale. Ce traité a eu des conséquences très humiliantes pour l’Allemagne vaincue.</p>
<p>35) Chélini, <em>op. cit.</em>, p.106.</p>
<p>36) <em>Ibid.</em>, p.107.</p>
<p>37) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.313.</p>
<p>38) Lacroix-Riz, <em>op. cit.</em>, p.423.</p>
<p>39) Les propositions de paix du 256<sup>e</sup> pape (1914-1922), Giacomo Della Chiesa, en août 1917, pour mettre fin à la Première Guerre mondiale n’avaient pas abouti. Sous pression de l’Italie, il a ensuite été évincé des négociations de paix.</p>
<p>40) Schor, <em>op. cit.</em>, p.42.</p>
<p>41) <em>Id.</em></p>
<p>42) Lacroix-Riz, <em>op. cit.</em>, p.392.</p>
<p>43) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.79.</p>
<p>44) <em>Ibid.</em>, p.111.</p>
<p>45) Blet, <em>op. cit.</em>, p.247.</p>
<p>46) Rychlak, <em>op. cit.</em>, p.177.</p>
<p>47) Schor, <em>op. cit.</em>, p.42.</p>
<p>48) Rychlak, <em>op. cit.</em>, p.174.</p>
<p>49) Lacroix-Riz, <em>op. cit.</em>, p.127.</p>
<p>50) Chélini, <em>op. cit.</em>, p.106.</p>
<p>51) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.103.</p>
<p>52) Lacroix-Riz, <em>op. cit.</em>, p.413.</p>
<p>53) <em>Id.</em></p>
<p>54) Phayer, <em>op. cit.</em>, p.79.</p>
<p>55) <em>Ibid.</em>, p.267.</p>
<p>56) <em>Ibid.</em>, p.250.</p>
<p>57) Schor, <em>op. cit.</em>, p.42; Phayer, <em>op. cit.</em>, p.244. Mgr Hudal est généralement connu comme participant actif à ce boulot. Des hommes tels qu’Adolf Eichmann et Ante Pavelic seraient alors cachés par l’Église.</p>
<p>58) Pie XII est totalement contre une immigration juive en Terre sainte, et cela, même si cette région constitue le dernier espoir du peuple hébreu.</p>
<p>Félix Lafrance</p>
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